Pub et BD


Des exemples

On trouve en gros trois types d’utilisation de la BD en pub (ou en communication, comme on voudra) :
La réalisation de BD.
Ci-dessous, l'une des plus impressionnantes réalisations que je connaisse. Entièrement par Tripp (waow!), 32 pages parues en intégralité dansVSD au début des années 90. Un vrai soap-comic comme je rêve d'en voir réaliser un jour par mes clients.





L’utilisation d’un dessinateur de BD pour des illustrations
Ci-dessous une pub Vêtimarché dessinée par Avril.



Et ci-dessous une campagne réalisée par ted Benoît pour CapGemini





Le parrainage ou la création d’événements autour de la BD
par exemple:
- La Caisse d'Epargne pour la Fête de la BD
- Les centres E.Leclerc ou la FNAC (alternativement, hu-hum) pour Angoulême.


Utiliser la BD en pub, pourquoi faire ?

Si on reste au niveau rationnel, on peut regrouper les raisons en trois catégories

L’enrobage
La BD pour faire passer un message indigeste
Genre : un produit financier, un truc technique, des procédures de sécurité, la stratégie ou les ambitions d’un groupe...)

L’aimant
La BD pour attirer l’attention, créer du trafic, accélérer les ventes.

Exemple d’accélérateur de ventes: cette opération Lucky luke du Crédit Mutuel





Ou les pochettes de CD. Quoique là, je pense que la passion, l'admiration ou l'amitié prennent le pas sur toute autre considération.


Ou les étiquettes de bouteilles de vin (...ou de Malibu, quand c’était encore autorisé)*

Mais là aussi, si, pour le vin, le côté promotionnel existe, la passion ou l'admiration jouent certainement un rôle important (tout en se rappelant que l'abus d'alcool est mauvais pour la santé et q'uil faut consommer avec modération)


Les signes d’affinité
La BD pour montrer sa forte légitimité dans le secteur ou son affinité avec les fans.

Légitimité : c’est par exemple  le cas de la FNAC (ou de E. Leclerc quand il ne se brouille pas avec les professionnels)

Affinité : c’est par exemple le cas des Caisses d’Epargne, un réseau de banques qui vise tout particulièrement les jeunes.


Une raison inavouable : la passion.
C’est inavouable (...à l’actionnaire)
-    si on n’a pas l’une des trois bonnes raisons citées ci-dessus en guise de justification
-    et si en plus on ne vise pas une cible sensible à la BD (voir plus bas).

Pourtant, cette passion est sans doute la meilleure raison d’agir (après tout, on n’a qu’une seule vie. Autant la vivre avec passion).


Par exemple, pour parler d’autre chose que de BD, c’est la passion qui motive au fond d’eux-mêmes les chefs d’entreprise du Grand Ouest qui sponsorisent la voile.

Ci-dessous un voilier récent de PRB (revêtements pour la construction)*



Bien sûr, pour faire accepter l’investissement de sommes considérables dans une course, ils savent présenter de très bonnes raisons.
Vraiment excellentes, d’ailleurs (je vous en parlerai un autre jour si vous y tenez, mais les noms de Fleury Michon et PRB devraient vous suffire à être d’accord).
Mais ces raisons ne sont souvent que des paravents pour la  passion.

* Photo B.Stichelbaut/Effet mer. Source (http://www.prb.fr). Droits réservés.


Quelles cibles viser avec la BD ?

Trois cibles traditionnelles
-    Les jeunes (principalement les garçons) de moins de 15 ans
-    Les quadras et quinquas (là encore, principalement les mecs)
-    Les professionnels exerçant des métiers graphiques

Et une nouvelle cible : les femmes

Cibler les jeunes
Déjà, le terme jeunes est un fourre-tout difficile à manier. A 6 ans, on n’aime pas la même chose qu’à 15.
Je ne vais pas vous faire un exposé complet avec mappings et patates à l’appui (une autre fois, peut-être).
Disons que, de façon générale, les jeunes sont souvent peu sensibles au style franco-belge ou aux romans graphiques.

Inutile de penser les séduire avec du Jacques Martin !!

De façon moins caricaturale, EP Jacobs ou ses descendants ne les font pas grimper au rideau.

Seul Gaston Lagaffe semble trouver grâce à leurs yeux (si vous avez des expériences contraires à me raconter, je suis preneur)


Mieux vaut essayer les mangas ou l’héroic fantasy (le style Soleil, par exemple).

C'est ainsi qu'en 2005 la confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française a parrainé la sortie d'un manga mettant en scène le métier de boulanger.





Ci-dessus une partie de l'encart placé par la confédération à la fin du premier tome pour convaincre des jeunes. Problème: autant le manga se lit, autant cette prose est rédhibitoire. Dommage, mais bien essayé quand même.


Les quadras et quinquas

Parmi les fans de BD  les plus célèbres, on compte :
-    Michel-Edouard Leclerc (là, je ne vous ai sans doute rien appris). Ci-dessous un article paru dans les échos le 12 août 2008 (j'aurais aussi pu choisir Bo Doï, etc.)



Mais aussi :
-    Louis Schweitzer (ancien PDG de Renault)
-    Serge Kampf (Créateur et dirigeant de CapGemini)
-    Hubert Védrine, ancien ministre (qui a servi de narrateur tout au long d’une émission sur EP Jacobs. C’est dire !)
...vous avez le droit de me fournir d’autres noms**.

Par ailleurs, Un monde de bulles, la seule émission de BD permanente du PAF, a trouvé asile sur Public Sénat (la chaine TV du Sénat. Canal 13 de la TNT).





Ce qui en dit long sur la passion que beaucoup d’élus ont pour le 9ème art !!


Le sénat et la chambre des députés sont deux fameux repaires de fans de BD.


Si vous avez une cible de CSP+, de dirigeants, d’hommes d’influence, n’hésitez pas ! Optez pour la BD. Choisissez  votre dessinateur en fonction du message à faire passer...et le message passera.


** Si une des personnes citées ici se trouve contrariée par la présence de son nom, je m’en excuse par avance. Qu’il me le fasse savoir et je l’effacerai . Mais (air connu) ce serait dommage, l’intention étant ici de convaincre d’éventuels annonceurs que la BD est un excellent vecteur publicitaire vers des CSP+.


Les professionnels exerçant un métier graphique

Leur attirance pour les arts graphiques les rend souvent sensibles à la BD ou, tout au moins, aux styles graphiques qui lui sont attachés et à ses auteurs les plus talentueux.
D'où des campagnes comme celle-ci, dessinée par Serge Clerc (années 90)

 
Les femmes
Tiens, tiens ? La BD cesserait-elle d’être un ghetto masculin ?
Aurait-on définitivement tourné la page de l’époque où les Claire Brétécher, Annie Goetzinger et Florence Cestac (je sais, j’en oublie. Qu’elles me pardonnent) jouaient les Calamity Jane d’un monde 100% masculin ?
C’est assez nouveau. Et c’est intéressant.

Quand je dis « c’est nouveau », ce n’est pas entièrement vrai. Par le biais de l’illustration, certains auteurs comme Truong qui dessine fréquemment pour Elle (mais qui se fait  trop rare en BD) ont déjà lancé des ponts vers cette cible depuis plusieurs années.

Là aussi, pour séduire il faut choisir son style : le colonel Moutarde (qui est une femme) convient beaucoup mieux à cette cible que beaucoup d’auteurs que les mecs considèrent pourtant comme des dieux.





Ci-dessus, deux des illustrations réalisées par le Colonel Moutarde pour Biogaran, un laboratoire pharmaceutique qui visait ici les femmes qui prennent la pilule.

Faut-il faire appel à de grandes signatures BD en pub ?

Oui et non.
Ça dépend des cas (promis, je ne suis pas normand).

Oui, si
Si l’image de l’entreprise est en jeu, si on veut attirer l’attention, créer du trafic, créer une affinité particulière.
Avantage: Waoooww !

Ci-dessous une pub Toshiba de 1987 dessinée par Gibrat. Outre le dessin, admirez le look des machines.



Inconvénients :
-   le coût. Mais on peut avoir de bonnes surprises : beaucoup d’auteurs attachants sont moins chers qu’on ne l’imagine (Là, je sens que je suis en train de me faire des ennemis)

-   les délais. C’est souvent le vrai problème. Il faut arriver à insérer son projet publicitaire dans le calendrier généralement assez compliqué des auteurs de BD.
Suivant le style, la longueur de l’histoire, le caractère de l’auteur, ses obligations par ailleurs, etc. la réalisation d’une BD prend de 4 mois à deux ans.
Avec un éditeur qui pousse souvent à la roue pour une parution annuelle, cela ne laisse pas beaucoup de temps pour la fanfreluche, même bien payée.


Non, si
-    Si l’objectif est uniquement de faire passer un message indigeste en l’enrobant (comme on enrobe un médicament de sucre pour qu’il soit plus facile à ingérer)
-    Si les délais sont courts (obligeant à trouver quelqu’un de très disponible), le budget serré (quand on n’est pas connu, on est moins cher...)

Quelques beaux exemples de ce que l'on peut obtenir sans forcément faire appel à une grande signature





Ci-dessus une campagne HP à destination des pros de l'impression, pour les convaincre que les encres d'origine sont irremplaçables.
Avec force arguments rationnels !! Sans l'aide de la BD, aucune chance d'obtenir un
bon taux de lecture.

Et là une BD Laden chargée d'illustrer le positionnement marketing de la marque (si! si!)



C'est tout pour le moment.

Mais :
- j'ai encore des pubs BD en stock
- et vous pouvez m'en envoyer.



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