Majunga, comme un Pagnol à la saveur malgache.

Publié le par Jean-Yves

à Majunga, les uns rient, les autres pas.

à Majunga, les uns rient, les autres pas.

Voilà une BD qui m’a fait voyager.

Oh, pas un de ces voyages lointains aux décors majestueux et au danger toujours présent que des héros doivent affronter avec courage.

Non. Plutôt un voyage genre guide du routard. Pendant 80 pages, j’ai partagé le destin de personnages qui m’ont semblé sortir tout droit de la vie quotidienne malgache, placés dans des décors on ne peut plus authentiques.

L’histoire ? ça commence presque avec un mort. Banal ? … c’est ce qu’on croit pendant quelques pages. Puis ça continue comme un Pagnol. A ceci près qu’on est à Madagascar, dans un (très beau) décor post-colonial de province, avec des personnages typiques et attachants, surveillés de près par l’esprit toujours présent d’un père missionnaire.

Alors, en attendant de prendre (un jour, peut-être) un billet d’avion pour Madagascar, filez chez votre libraire et prenez un bon bol d’air de là-bas. Le Majunga de Doreau et Larcher, ça vaut bien le Marseille de Marcel Pagnol !

Majunga, comme si vous y étiez.

Majunga, comme si vous y étiez.

Stéphane Doreau, le dessinateur, vit sur la côte ouest de Madagascar. Il est tout imprégné de l’île et ça se sent. Ses décors sont croqués sur le vif. Et pour les dialogues ... il a dû bien dialoguer avec son scénariste, qui nous a écrit une histoire à la fois surprenante et très très plausible.

Des personnages à la Pagnol.

Des personnages à la Pagnol.

Il y a le croque-mort, le missionnaire, le médecin, le facteur, la prostituée, l’hôtelier et même une productrice télé très couleur locale, qui réalise avec des bouts de n’importe quoi une émission façon télénovela à scandale ! Chacun de ces personnages suit un destin plus ou moins désiré, mais toujours accepté. C’est touchant et truculent à souhait.

Un sac de sable dans un cercueil ?? Tiens, tiens, tiens !

Un sac de sable dans un cercueil ?? Tiens, tiens, tiens !

Petit bonus culinaire : pour s’imprégner encore mieux de Madagascar, on a même droit à une recette de cuisine de l’île. Je ne l’ai pas encore essayée, mais …

Pas de panique ! Là, c'est juste pour la couleur locale. La recette détaillée est à la fin de la BD.

Pas de panique ! Là, c'est juste pour la couleur locale. La recette détaillée est à la fin de la BD.

Dernier petit détail : interrogé sur un salon où il se trouvait en dédicace, Stéphane Doreau n'a pas su/voulu me dire pourquoi il avait choisi une Citroën CX Break pour son corbillard. Mais vu son sourire lors de sa réponse ...

Un bien beau corbillard.

Un bien beau corbillard.

Publié dans Critiques BD

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