Classique à déguster: Quelques jours avec un menteur, de Davodeau

Publié le par Jean-Yves


L'une des plus belles histoires que j'ai lue, vue ou entendue sur le syndrome de la trentaine.

Cinq copains décident de se retrouver pendant une semaine dans la maison de forêt qu'un oncle leur a prêté.

Loin (ou presque) de leurs obligations de jeunes parents ou de chef d'entreprise, ils vont à la fois passer du bon temps (avec et sans cuites),se retrouver pour faire le point (qui a réussi, qui a le sentiment d'être un raté, qui se sent prisonnier) ...et se retrouver confronté à de la peinture blanche.

Je ne vous en dis pas plus.

C'est pas nouveau (1997. A l'époque, je pouvais encore croire que j'étais trentenaire), le thème non plus.
Et pourtant, le charme opère, tant ce récit est savoureux, juste, plein à la fois de tendresse et d'humour.
Un régal!
Faîtes gaffe si vous le lisez dans le TER ou le métro: votre voisin d'en face pourrait bien vous voir sourire béatement.

Depuis, Davodeau a fait pas mal d'autres choses.

Comme le réflexe de survie (lecture également conseillée), dans lequel un vieux comptable se voit affublé d'un contrat (pan! pan!) sur son dos.
Ne vous en faîtes pas, le comptable survivra (ouf!) et la gare SNCF est très belle.



Ou bien des BD engagées (si! si!)

Comme Les mauvaises gens, une histoire d'ouvriers à la campagne dans le nord de la Vendée.
Tout a été dit sur cette BD, alors je vous renvoie aux (excellentes) critiques officielles.
Je voulais juste dire qu'il y a à un moment  un portrait admirable de curé en proie au doute.
Et vous redire de faire gaffe à vos voisins dans le train, parce que les larmes de tendrese ne sont pas exclues.


Ou comme un homme est mort (réalisé avec Kris).



C'est une histoire autour de la reconstruction de Brest après la guerre, vu du côté du monde ouvrier.
Kris s'y révèle un remarquable conteur et Davodeau y croque des personnages incroyablement exacts et vivants. Son trait faussement naïf se révèle une fois de plus d'une efficacité redoutable, sans rien ôter de l'affection visible que le dessinateur a pour ceux qu'il dessine.
Cette BD est à la fois une très belle histoire populaire et un témoignage réussi sur une époque. Deux bonnes raisons de la lire !!


Il n' y a guère que Rural! qui ne m'a pas plu. Je ne sais pas pourquoi.

Et pourtant, chaque fois que je me rends en Vendée, je regarde le bord de l'autoroute pour y retrouver ces deux colonnes.



Tiens? ça fait d'ailleurs deux fois que je ne les ai pas vues. Auraient-elles disparu? Ou bien suis-je distrait?


Publié dans Critiques BD

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