Rampokan Java: histoire de la décolonisation, vu du côté hollandais, avec un dessin hollandais à couper le souffle

Van Dongen a un de ces traits typiques des hollandais : une ligne claire impeccable, ronde, précise, fouillée jusqu'à l'extrême.
Il possède un soin du détail qui force l'admiration et sert magnifiquement l'atmosphère de cette BD sur la fin des indes néerlandaises.
En plus, derrière son trait maniaque et magnifique à la fois, l'auteur se révèle sensible, poète, ce qui rend un peu difficile la lecture du début de l'histoire, mais si vous dépassez les dix premières pages, l'histoire vous emportera à coup sûr.
L'histoire avec un grand ou un petit H, d'ailleurs, car Van Dongen se révèle un merveilleux historiographe. Et la lecture de sa BD apporte sur l'Indonésie un éclairage semblable à celui de Ferrandez sur l'Algérie.
Autre rapprochement avec Ferrandez: Van Dongen sait créer des personnages attachants et qui ont du corps, qu'il s'agisse de hollandais ou d'indonésien (on est loin du bon nègre de Tintin au congo !!).
Mais là où Ferrandez semble rentrer dans la peau de ses personnages, Van Dongen en reste distant et les agite comme les marionnettes d'un théatre d'ombre. Peut-être pour mieux montrer leur soumission au destin?
Si vous aimez l'histoire du XX° à la Ferrandez ou à la Tardi. Ou si vous aimez Tramp, n'hésitez pas. Plongez-vous dans Rampokan.
A noter: l'histoire est en deux parties. La deuxième s'appelle Rampokan Célèbes.
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