Un grand classique à déguster : la sultane blanche (Christin/Goetzinger)
Sans doute un des scénarios les plus sensibles ... et les plus retords !! que Christin ait écrit.
Une vieille femme meurt dans une petite maison d'une banlieue de Londres. Fin d'une toute petite vie sans lumière. Parallèlement, une riche anglaise, ancienne sultane de l'Empire Britannique, raconte ses souvenirs lumineux: Shangaï, Hong-Kong et la Malaisie au milieu des années 40, au crépuscule de l'Empire Britannique. Elle raconte sa vie de rêve. Une vie comme on n'en voit que dans Match ou Point de vue et Images du monde (Tiens, Tiens?).
Merveilleusement dessiné par Annie Goetzinger, une des premières femmes de la bande dessinée.

Bien sûr, dans la sultane blanche, Christin s'en donne à coeur joie avec l'histoire. Il l'interprète et la décrypte à sa manière, toujours avec ce regard de l'homme assis dans l'ombre qui observe l'impact des grands événements sur ses acteurs, les grands comme les plus modestes.
Mais avant d'être une BD historique, la sultane blanche est avant tout une énigme, un jeu de logique étonnant dans lequel Christin se complait à nous perdre jusqu'au dernier instant. Avec la complicité amusée d'Annie Goetzinger, qui se délecte à l'aider nous perdre totalement. Les vies des deux femmes sont-elles réellement parallèles, ou bien ...?
En tous cas, ce n'est pas la dernière image de cette BD qui va nous aider à faire la part des choses (voir ci-dessous)! Même si elle semble plaider pour une interprétation ... qui n'est pas la seule à nous être suggérée.

Chapeau, monsieur Christin ! Et aussi toute mon admiration pour vous , madame Goetzinger, pour votre façon si différente de croquer les femmes!